La Fondation
Depuis sa création en 1986, le musée Dapper a contribué à la connaissance des arts africains avec la conception de plus de quarante expositions. Par la rigueur de ses travaux et le soin apporté à la mise en espace des objets, le musée Dapper, qui organise une ou deux grandes expositions temporaires chaque année, est devenu l'un des principaux endroits à Paris où l'on peut admirer les exemples les plus accomplis de la sculpture africaine.
À la promotion des arts de l'Afrique s'ajoutent désormais tous les autres aspects culturels des diasporas issues du Continent noir.
Dispersés dans le monde par le drame de l'esclavage, des hommes et des femmes furent arrachés de leur terre d'Afrique. Ils n'avaient pour seuls bagages que leurs croyances et leurs rites. Ils ont dû s'adapter à leur nouvelle vie sur les plantations, lorsqu'ils ne s'enfuyaient pas.
Leurs descendants se sont forgé des règles de vie, gardant parfois le vague souvenir de celles de leurs ancêtres africains et puisant dans celles des Blancs, qui leur refusaient toute humanité. Ce sont des identités propres, souvent complexes, qui structurent les communautés des Amériques.
Par méconnaissance, on continue de confondre ces cultures, de les maintenir dans l'oubli, ou de n'y voir que des images d'exotisme.
Et pour ceux qui appartiennent, bon gré mal gré, à ces communautés, il est temps de revisiter le passé, de connaître puis d'accepter leur histoire afin de suivre la voie médiane, entre l'inconfort des deux extrêmes : vouloir trouver partout des traces de civilisations africaines, où il n'y a en a plus depuis longtemps ; ou, à l'inverse, nier avec force toute ascendance africaine.
Les sociétés africaines contemporaines, marquées par la colonisation, semblent, pour certaines d'entre elles, avoir oublié leurs mythes, leurs croyances, leur histoire, ou bien les ont enfouis au plus profond de leur mémoire.
Pourtant, venus d'Afrique, de la Caraïbe ou des États-Unis, chants, danses, arts du corps, fascinent au point que les artistes, Ies designers occidentaux, les ont largement assimilés. Dans bien d'autres domaines encore, l'écriture, la peinture, la sculpture, le théâtre, des œuvres s'élaborent, souvent avec peu de moyens et dans des conditions politiques difficiles.
Nous souhaitons qu'elles parviennent jusqu'à nous, qu'elles touchent un public généreux, prêt à les accepter : car elles expriment tout à la fois leur différence et leur dimension universelle.
Le musée Dapper est dirigé par Christiane Falgayrettes-Leveau
Née en Guyane française.
Arrivée en France à l'âge de trois ans.
Études de lettres modernes à Paris X Nanterre.
A suivi les cours de Maryse Condé et de Jacques Chevrier sur les littératures négro-africaines.
Maîtrise de lettres modernes ayant pour sujet le personnage du griot dans le théâtre négro-africain d'expression française.
Travaille durant trois ans comme assistante de publicité aux Éditions Masson.
De 1979 à 1983, journaliste spécialisée dans la littérature africaine d'expression française pour Radio France Internationale et pour diverses revues.
Cofondatrice avec son mari Michel Leveau, en décembre 1983, de La Fondation Dapper.
Auteur de Supports de rêve (1989) et Corps Sublimes
Coauteur de la plupart des publications liées aux expositions qu'elle organise (dont l'ouvrage Arts d'Afrique en coédition avec Gallimard, lauréat du prix du livre d'Art 2000 décerné par le Syndicat national des Antiquaires).
Auteur de Kalita, album jeunesse illustré par Philippe Davaine (Éditions Dapper, automne 2005).
Membre du Comité pour la mémoire de l'esclavage institué le 5 janvier 2004 par le gouvernement.
Membre du conseil d'orientation de l'établissement public du Musée du quai Branly, de 1999 à fin 2004.


